Non, il n'y a pas que des petits trous, hélas. Il y a de vrais cratères par endroits. La circulation, à Colmar, est à hauts risques, surtout pour les deux roues. Combien de mauvaises
chutes? Pour les voitures, gare aux suspensions et aux pneumatiques!
C'est l'hiver, certes. Mais les premiers trous sont apparus bien avant le gel, la neige et le dégel. Notre réseau routier subit des travaux à tout bout de champ et des rafistolages qui lâchent à la
première occasion.
Le mauvais temps n'explique pas tout.
Et voilà que ces trous ne suffisent plus à faire notre bonheur. Prochainement la ville fera ouvrir un peu davantage encore les rues du centre ville pour remettre le cours d'eau à l'air libre. Les
anciens colmariens auront tout connu. Les rivières ouvertes, les rivières recouvertes à grands frais et les rivières à nouveau ouvertes, également à grands frais, bien évidemment. Chaque prince a
ses lubies et le contribuable paye.
Qui peut bien trouver son intérêt à ces modifications continuelles? Faire et défaire c'est travailler, dit-on. De tels chantiers font travailler des entreprises. C'est bon pour l'emploi,
entend-t-on dire. Oui, mais si c'est de cela qu'il s'agit, il y a probablement mieux à faire pour améliorer le cadre de vie des colmariens. Investir massivement dans un plan climat pour
isoler l'habitat ancien aurait l'avantage de diminuer la facture des consomations d'énergie, par exemple. Les ménages les plus modestes gagneraient quelques points de pouvoir d'achat
supplémentaires, ce qui ne serait pas un luxe.
Mais se soucie-t-on, en haut lieu, des conditions de vie des Colmariens et plus particulièrement des personnes modestes, celles qui de plus en plus, tirent le diable par la queue?
Au vu des grands investissements qui sont réalisés, on est en droit d'en douter. Avec l'extension du Musée, avec les embellissements supposés au centre ville, c'est la filière touristique qui
seule est privilégiée. au moment où cette industrie donne des signes de ralentissement, les édiles colmariens poussent encore les feux. Nul doute que certains commerçants leur en sont
reconnaissants et qu'en retour ils apportent leur soutien politique au Maire qui fait tant pour eux. Mais les intérêts de ces commerçants ne valent que pour eux. Le plus grand nombre n'a pas
de retour sur investissement. Il subit tout au plus les nuisances engendrées.
En ce temps où l'économie va mal, le soutien massif d'une collectivité à la mono industrie du tourisme est
un très mauvais calcul. Il convient aujourd'hui de diversifier les sources de l'emploi. Il faut arrêter de mettre tous les oeufs dans le même panier.
Il a été facile, très facile, trop facile, jusque là, de surfer sur une vague populaire, celle du tourisme de masse. Avec son côté carte postale, notre bourgade n'a eu aucun mal à se
vendre.
Que fera-t-elle demain si cette situation continue à se dégrader? Pourquoi échapperions nous à la tendance générale? Si les retraites sont révisées à la baisse, les "troupeaux" se feront plus rares
et moins dépensiers.
C'est aujourd'hui qu'il faut prévoir les changements prévisibles.
Edmond GERRER avait quant à lui, constitué une cagnotte très confortable de près de deux cent millions de francs de l'époque pour mettre notre ville à l'abri d'un retournement brusque de
conjoncture économique. Le Maire actuel a profité de ces économies léguées pour se faire sa popularité, celle d'un maire qui a fait bouger la ville et sans trop augmenter les impôts locaux. Ce
dernier point restant à démontrer, il serait bon qu'il nous dise de quelles réserves nous disposons aujourd'hui pour envisager d'avoir à faire face demain à une crise accrue?
Bernard Rodenstein
Par CLEFS Municipales 2008
Samedi 13 mars 2010
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