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Document CLEFS Janvier 2010

Colmar, en dehors des périodes de transhumance touristique, est sur le point de devenir une ville socialement et culturellement morte.

Les périodes touristiques sont longues, à vrai dire. Bien trop longues au gré de beaucoup d’habitants du Centre ville qui se sentent étrangers chez eux pendant l’été, l’automne et tout au long du mois de décembre.

Le choix d’ouvrir la ville, avec son indiscutable cachet médiéval, au tourisme de masse, est un projet politique en soi, fortement soutenu par
certains milieux commerçants
.

Pendant cette période les animations culturelles ne manquent pas, à commencer par le festival de musique qui a désormais sa renommée, sa clientèle et ses invités attitrés, toujours les mêmes, au point d’être devenu le festival d’une nomenklatura très fermée.

La foire aux vins connaît tous les ans un grand succès incontestable, mais elle cible également, de fait, un public captif et qui accourt de loin.

Qu’est-ce qui fait fête à Colmar ?

La rencontre des associations dans les allées du Champ de Mars est en passe de devenir un moment de fête des colmariens engagés dans diverses activités culturelles et humanitaires.

Mais à quel prix ? Le concours de la ville est réduit au minimum syndical.

Seule la très forte plus-value du bénévolat donne un réel éclat à cette rencontre. Il a fallu peu à peu grignoter de la place et de la reconnaissance pour en arriver là. parking-copie-2

Aujourd’hui, les chantiers en perspective tentent à renforcer un peu davantage encore la carte du tourisme. Nouveau parking à la place de l’ancien commissariat en plein centre ville. Ouverture prochaine de la rue de l’Eglise pour remettre le cours d’eau à découvert, aménagement permettant de relier le Musée Unterlinden à l’ancienne piscine, déplacement de la gare routière…

Toujours sans aucune vue urbanistique d’ensemble, les « coups » se succèdent. Hier le commissariat de la Rue des Chasseurs devait subsister pour accueillir le musée de l’armée. A peine connu le choix de Neuf-Brisach pour cet équipement, les bâtiments disparaissent et un parking voit le jour. Quelle cohérence ? Aucune, comme ailleurs.

Le mois de Janvier, comme il se doit, est consacré aux cérémonies des vœux. Le Maire, du fait du cumul des fonctions est non seulement de tous les « pince-fesses », mais il est l’organisateur de pas mal d’entre eux. La réception du Conseil Municipal, les vœux des employés municipaux, les vœux de la Communauté d’agglomération de Colmar, les vœux des hospices civils, les vœux de Pôle Habitat, pour n’en citer que les principaux.

C’est son droit, certes.

Mais nous sommes dans une période très difficile où beaucoup de nos concitoyens ne parviennent plus à boucler leurs fins de mois et ne mangent plus tous les jours à leur faim.

Le déballage médiatique de tous ces buffets richement garnis offerts par les contribuables à une « élite » de fait, a quelque chose d’indécent.

Dans ce que j’ai lu ou entendu, je n’ai pas le souvenir que la montée du chômage ait fait l’objet de beaucoup de commentaires. C’est à peine si ce drame qui va s’amplifier en 2010, avec l’arrivée d’un million de personnes en fin de droit, a été évoqué.

Voilà, a mes yeux, le scandale absolu. Les dirigeants politiques continuent à s’auto-congratuler sur leurs mérites respectifs, se félicitent pour les prouesses dont ils sont les géniaux auteurs et jettent un voile pudique sur les difficultés monstres sur lesquelles les citoyens ordinaires se cassent les dents au quotidien.

La déconnection entre les locataires des palais de la République, y compris à l’échelle des communes, et les habitants qui rament pour garder la tête hors de l’eau, est totale.

L’argent public semble ne pas manquer malgré tous les couplets alarmistes qui nous sont chantés, mais à quoi est-il affecté ?

Colmar, où de nouveaux plans de licenciements sont annoncés par des entreprises déjà restructurées depuis le début de la crise, n’annonce rien en terme de soutien à l’économe locale. Pas un mot, pas un euro.

Qu’est donc devenu le PLIE ? existe-t-il encore ?

Qu’est devenu le projet d’une école de la deuxième chance ?

Où en sont les pépinières d’entreprises ?
Qu'est devenu le projet de la maison de l'emploi?

A l’heure où je rédige ces lignes, le Maire de Colmar oppose pour la deuxième fois une fin de non recevoir à l’Association Espoir pour le co-financement de l’achat des bâtiments de la Rue du Prunier où doivent être crées des emplois nouveaux dans le domaine du retraitement des objets encombrants.

La raison invoquée est la bonne santé financière de l’Association. Il est fort à parier que si elle était en déficit, il invoquerait la mauvaise gestion pour nous refuser l’aide de la collectivité.

N’est-il pas invraisemblable que s’agissant d’un projet économique et social auquel toutes les autres collectivités apportent leur concours, notre maire ne se fonde pas sur des critères précis pour apprécier le bien-fondé de ce qui est fait ?

Tout, en fait, est à l’avenant.

Nul débat en conseil municipal. Il décide, seul, en fonction de ses sympathies ou de ses antipathies. Adieu les règles de fonctionnement d’une saine démocratie.

Nous le vérifions pour le débat politique en général mais aussi pour la gestion urbanistique et foncière de la ville.

De toute évidence il renvoie l’ascenseur à des personnes qui le soutiennent. C’est ainsi que sont délivrés des permis de construire à des promoteurs qui dessinent notre ville comme bon leur semble et comme bon vont leurs affaires.

Des places disparaissent de notre paysage. Serait-il agoraphobe ? Cela se soigne pourtant.

Il vend l’argenterie. C’est plus grave. Tout cela pour pouvoir prétendre qu’avec tous les investissements réalisés, il n’a pas augmenté la fiscalité.

Jamais il ne veut admettre que les bases augmentant régulièrement, les impôts payés par le contribuable augmentent aussi, alors que les salaires et les retraites stagnent, au mieux, voire diminuent.

Il sera intéressant, le moment venu, de faire le bilan de tout le patrimoine municipal vendu. Pour en faire quoi ?

Des rues défoncées comme jamais ? P9180021.JPG

Dans les quartiers Ouest, avec les crédits de l’ANRU, il fait démolir des bâtiments entiers. Va pour diminuer la densité dans certains secteurs. Sait-on où et par qui ont relogés les occupants ?

Ont-ils tous pu rester à Colmar ?

De combien augmenteront les loyers et les charges dans le parc rénové ? Tous les locataires pourront-ils suivre ?

Toutes ces questions sociales sont soigneusement tues à l’heure où le surendettement des ménages atteint des sommets.

Pour être un colmarien de souche, je n’ai pas souvenance d’une période où le lien social entre les habitants était aussi inexistant.

Le Maire de Colmar s’accommode parfaitement du chacun pour soi qui a été exacerbé par l’ultra libéralisme dominant. Il ne fait rien pour que ce courant qui porte gravement atteinte à la qualité de vie des habitants ne soit contrecarré ou inversé. Au lieu de favoriser les rencontres et les échanges qui sont source de solidarité et donc aussi de sécurité, il puise encore dans l’argent des contribuables pour installer partout des caméras de surveillance

propres à créer l’intimidation et l’insécurité de tous. Leur efficacité en matière de sécurité est loin d’être prouvée, mais leur effet néfaste sur la vie publique est garanti.

Colmar est une ville triste, une ville sans histoire, une ville de retraités, une ville sans ambition autre que de faire venir à elle des centaines de milliers de touristes qui passent comme des troupeaux,  achetant des cigognes fabriquées à Taïwan.

La gestion comptable du tout n’est pas mauvaise pour tout le monde. Un certain nombre de commerçants y trouvent leur compte. Peut-on qualifier cela de respect du bien public ?

Nous sommes nombreux à nous en faire une autre idée.

Le bien public se mesure à la place qui est faite aux enfants dans la cité. Elle se mesure aussi à l’attention qui est portée aux plus fragiles, aux plus démunis, aux plus exposés. Le bilan de notre maire est nul dans tous ces domaines.

Mais que peut on attendre d’autre de quelqu’un qui interdit, semble-t-il, au dire des intéressés, d’aller manger dans tel ou tel restaurant de la ville, au prétexte que le patron ne l’a pas soutenu aux dernières élections ?

Il a beau citer des dizaines de philosophes, d’auteurs anciens et modernes, dans ses interminables monologues du nouvel an, il ne donne pas franchement le sentiment d’être très cultivé.

A ce niveau de responsabilité, le manque de culture est  hélas un handicap qu’il faut oser regarder pour ce qu’il est.

Au début de son mandat il y a eu beaucoup de blagues à son sujet qui n’étaient pas piquées des hannetons. Elles ont peu à peu disparues de la circulation, car nul ne se sent bien en dénonçant les manques de l’autre, surtout lorsqu’il s’agit de l’intelligence.

L’exemple actuel du Président de la République qui virevolte dans tous les sens et qui fait manifestement preuve d’un évident manque de profondeur et de culture au sens humaniste du terme, nous oblige à nous ressaisir. Le pouvoir n’est pas à mettre entre toutes les mains.

Notamment entre celles d’hommes et de femmes qui jamais n’acceptent la confrontation, la contestation, le débat ouvert, la vérité des autres.

Ils ne veulent autour d’eux que des gens serviles qui veulent profiter des miettes du pouvoir. Ils détestent les autres, celles et ceux dont l’échine ne plie pas et qui défendent honnêtement leurs convictions. Ils les combattent du haut de leur puissance parfois tyrannique.

Ces êtres sont malfaisants et dangereux.

Il n’y a aucune bonne raison de les ménager et de leur servir la soupe.

La puissance des grands étant faite de la soumission des petits, nous devons cultiver l’art de marcher debout en toutes circonstances, de relever la tête et de ne pas nous en laisser compter par des usurpateurs qui confondent leur élection avec une onction définitive, avec un blanc-seing donné.

L’entrée en politique c’est aussi l’entrée dans la confrontation avec les pouvoirs en place. Leurs méthodes sont souvent détestables. Nous devons tenir face à eux et chercher à les déstabiliser. Leurs faux pas sont suffisamment nombreux et graves pour que nous trouvions matière à les confondre.

P9180018.JPGBernard Rodenstein

 

 

 

 

 

 

  










 












Par CLEFS Municipales 2008 - Publié dans : politique locale
Dimanche 24 janvier 2010 7 24 /01 /Jan /2010 15:06

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Commentaires

je trouve votre site intéressant. cependant, je ne peux pas afficher les articles du blog afin de pouvoir les lire en intégralité. je trouve cela dommage car je suis intéressé par ce que vous écrivez mais je ne peux pas lire la suite...
Commentaire n°1 posté par Dream Factory le 22/02/2010 à 11h24

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