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Au cours de la messe organisée dimanche dernier à l'Eglise St. Léon, rue d'Ostheim, à Colmar, à l'occasion du départ du curé de la
communauté des paroisses du secteur, le maire de Colmar, GMC, a été invité à prendre la parole. Il aurait commenté, à sa manière, les paroles de l'Ecriture et se serait fait applaudir par les
paroissiens.
Rien à redire au fait que des laïcs prennent toute leur place dans les offices religieux, bien au contraire. La désacralisation des clercs est une bonne nouvelle pour la laïcisation de notre
République.
Que les autorités civiles, en Alsace, soient associées à un événement paroissial, n'est que chose normale, puisque le concordat est encore toujours en vigueur dans notre province.
Mais que l'Eglise ouvre ses portes aux représentants du pouvoir laïc et les déguise en prêcheurs occasionnels, est proprement scandaleux.
Ils disposent de suffisamment de tribunes pour vendre leurs idéologies forcément partisanes pour que la chaire leur soit interdite.
Ils sont en général les premiers à vitupérer contre les prêtres ou les pasteurs qu'ils accusent volontiers de faire de la propagande politique du haut de la chaire, dès lors que les prédications collent de trop près aux paroles radicalement subversives du Christ, en matière de justice sociale, notamment. Le discours du maire avait sa place à cet endroit, nulle part ailleurs.
La même dérive a pu être constatée à la Cathédrale de Strasbourg, à l'occasion de la cérémonie funèbre à la mémoire d'Adrien Zeller.
Il se trouve suffisamment de palais prestigieux dans cette ville pour que les hommages des pouvoirs publics puissent y être rendus.
Le politique n'a pas à prendre possession du fait religieux.
A celles et à ceux qui se réjouissent de me renvoyer la balle et de reprocher à certains représentants de cultes de ne pas se gêner de faire de la politique à l'Eglise, je demande d'apporter la
moindre preuve de leurs assertions. Aucun de mes contradicteurs n'a pu, à ce jour, me prendre en défaut, preuves à l'appui. Sauf à incriminer les propos du Christ lui-même qui n'est pas tendre
envers les responsables religieux et politiques de son époque.
De surcroît, les rapports officiels entre politique et religion ont été clarifiés depuis lors par des législations qui ôtent au pouvoir politique, toute fonction religieuse et aux institutions ecclésiales, tout pouvoir politique.
L'engagement individuel et personnel est une autre affaire.
A Strasbourg, François Fillon était le premier ministre de la France. A St. Léon, GMC était le Maire de la Ville de Colmar, es-qualité.
Je n'ai jamais pris la parole, en matière politique, sur la place publique ou au conseil municipal en tant que représentant de la communauté protestante, mais en tant que citoyen libre et
responsable de mes propres opinions. Que d'aucuns s'amusent à faire l'amalgame ne me surprend ni ne me m'émeut. Personne n'aime se sentir morveux.
Bernard Rodenstein
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