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En dépit des aléas pour obtenir une salle à Comar, Georges Federmann a pu tenir sa conférence le 19 février 2009, à l'invitation de CLEFS.

 .

Quelques réflexions glanées au cours de cette rencontre:

 

-       Pour encourager un processus de paix, il faut savoir s’identifier aux 2 parties : aux Palestiniens, aux Israéliens 

- nous devons relever le défi de l’identité collective par nos actes (ex par la générosité), arrêter la Françafrique et reconnaître certains génocides (ex Rwanda)

  -il faut être capable de s’identifier aux autres et de pardonner ;

-          Le ministère français de l’identité nationale et de l’intégration rappelle les théories de Libermann (extrémiste Israélien) qui souhaite refuser l’identité israélienne à des israéliens arabes. Son parti s’appelle « notre maison »

-          La création de l’état d’Israël est la victoire posthume d’Hitler- c’est la stigmatisation de juifs - c’est un malheur pour les juifs car cela les met dans une position impossible à tenir – la vocation des juifs c’est la diaspora et non l’état d’Israël ;

-          Nous qui critiquons les Israéliens, que ferions nous à leur place ? Eux ont construit un mur – chez nous il n’y a pas d’attentats et nous avons installé 450 caméras à Strasbourg par exemple ;

-          Le choix de la date d’intervention avant la prise de fonction du président Obama aux Etats Unis et avant les élections en Israël a favorisé le vote extrême droite – Israël n’a plus que l’extrémisme comme ciment – elle est à l’aube d’une guerre civile ;

-          On a encore souvent besoin de définir le mauvais pour définir le bien – on diabolise le Hamas et le Hezbollah car nous pensons que nous valons mieux que d’autres civilisations ;

-          Des affiches pour libérer le soldat Shalit ont été apposées à la synagogue  de Strasbourg  sur le même plan que celles pour Ingrid Bétancourt en sa  qualité d’otage alors que le soldat Shalit est un prisonnier de guerre ;

-          Une nouvelle stratégie pour Israël devrait être le développement d’un judaïsme libéral : accepter les femmes rabbins, critiquer les positions réactionnaires des juifs traditionnels…


recueilli par  CB



Pour en savoir plus...


C’était à Espace 3 le 19 février. L’association Clefs a invité le Docteur Georges Yoram Federmann pour une conférence sur le thème.

« Il n’y a que toi Georges à qui nous pouvions demander cela » a dit en ouverture Bernard Rodenstein. « Manifester contre les bombardements d’Israël à Gaza, nous l’avons fait. Et maintenant ? Nous côtoyons tous les jours des amis juifs, arabes ou musulmans et nous avons eu envie d’approfondir notre compréhension du conflit qui se déroule là-bas ».

 

Le docteur Federmann a démarré fort, comme toujours, en demandant aux auditeurs de se poser avec lui la question de leur identité. Par exemple par rapport à la Guadeloupe ? Par exemple par rapport à Israël ou à la Palestine ? Comment nous situons-nous nous par rapport à un Guadeloupéen, un Palestinien, un Israélien ? Sommes-nous nous-mêmes capables d’être des Guadeloupéens, des Palestiniens, des Israéliens ? En quoi ces personnes sont-elles différentes de nous ? Comment nous qualifions-nous nous-mêmes ? Qui suis-je ? Comment les autres me définissent-ils ?

 

Georges Federmann dit que « le plus souvent nous nous définissons par rapport à qui nous ne sommes pas ou ne voulons pas être. En Israël a-t-il rappelé, avec les élections qui ont cours, le leader d’extrême droite a décrété que les Israéliens arabes, les députés qui siègent à la Knesset n’ont pas le droit d’avoir la nationalité israélienne au nom de la « pureté » requise pour prétendre à ce titre. Il a baptisé son parti « Notre maison ». M. Sarkozy n’a pas fait autre chose quand il a créé le ministère de l’identité nationale. Lui aussi, comme Liebermann a signifié au peuple qu’il sait mieux que les autres identifier ceux qui ont le droit d’être français ».

 

« Que représente pour vous Israël » a encore demandé  l’orateur ? Quelqu’un dans la salle a répondu « une réparation  au mal qui a été fait aux Juifs ». Et Georges Federmann d’affirmer que « ce qui est vécu comme une réparation est en fait une victoire posthume de Hitler parce que Israël c’est le risque de la fin du judaïsme ». Avraham Burg ne dit pas autre chose dans « Vaincre Hitler ». Il pense que ceux qui ont créé Israël étaient antisémites. Les Juifs vivaient en Europe, ils avaient le droit d’y vivre et de continuer à y vivre. On a préféré leur trouver une terre ailleurs, pour les y envoyer. Pour s’en débarrasser ? Pour que ce soit bien clair, Georges Federmann précise qu’il est sioniste au sens où il veut qu’Israël vive,  puisque Israël existe. Mais il dit aussi que l’extrémisme qui se profile avec les élections en cours sonne le risque de la fin d’Israël ; et les Palestiniens ont déjà gagné. Ce sont eux les plus forts. Et le jour viendra où les Israéliens demanderont pardon aux Palestiniens et où les Palestiniens tendront la main pour pardonner.

 

Il dit que lorsqu’il était petit, on lui a dit qu’il est juif. Il ne s’était jamais rendu compte qu’il était juif, ses parents avaient la même vie que les autres parents[1], la même vie que les parents arabes. D’autant que, précise-t-il, il a appris depuis qu’il a grandi qu’il y autant de courants juifs que de Juifs. Et le plus grand des Juifs pour lui, c’est Jésus. « Ce Jésus, ce fou qui, s’il revenait aujourd’hui se retrouverait sûrement à Geispolsheim, au centre de rétention. Pourquoi le Juif est-il devenu le bouc émissaire ? Parce que nous nous définissons toujours en fonction de la haine de l’autre, de la peur de l’autre ? Aujourd’hui, tout ce que font les Musulmans est mauvais. Le Hamas, le Hezbollah, l’Iran, tout ça doit faire peur. Et comme au temps de la colonisation, nous continuons à penser que nous valons plus que les autres.

Et qu’est-ce qu’ils veulent tous ces Arabes, tous ces Noirs ?

De l’égalité au plan social. Comme à Sétif en 8 mai 1945, quand les Algériens se sont soulevés parce qu’ils avaient cru comprendre que les Français avaient décrété après la guerre, que tous les hommes sont égaux. Et que la France leur a répondu en les massacrant. »

Georges Federmann a raconté qu’il a vu dans le Sud du Maroc, des vieux Marocains qui chantent encore aujourd’hui des chants en hébreu.

« Et ces Musulmans là attendent toujours le retour des Juifs, ils leur ont gardé leur place.

Ce sont les nazis qui ont fait la distinction entre les Juifs et ceux qui ne l’étaient pas. Et les vainqueurs de la guerre ont continué à faire cette distinction et tous ceux qui continuent à faire des distinctions continuent le travail entrepris par Hitler.

Chaque fois qu’on a recours à l’extrémisme, on est perdu. Même en France nous sommes peut-être perdus. Le Pen a gagné. Nous accueillons chaque année entre 10 et 15000 asiles politiques seulement et nous expulsons 28000 étrangers sans papiers. Chaque matin, dans les commissariats, les policiers se fixent des quotas de contrôles -au faciès- puisque forcément, pour pouvoir expulser 28000 personnes il faut en contrôler au moins 150 000. »

Peut-être, suggère le Docteur Federmann, faudrait-il augmenter le salaire des policiers pour qu’ils puissent refuser de faire le sale boulot qu’on leur demande ? Parce que lorsqu’on gagne 1200 euros en début de carrière, on n’est pas outillé pour résister à sa hiérarchie…

« Et alors, à quoi sert l’antisémitisme et l’anti-islamisme sinon à alimenter la haine de l’autre ?

La France serait bien inspirée de renoncer à la Francafrique et à reconnaître sa responsabilité au Rwanda ou en Bosnie.

Et si on permettait aux Palestiniens et aux Israéliens d’écrire leur histoire ensemble dans un même livre ?

Jésus était juif et dans les représentations que nous nous en faisons, ce sont bien les Palestiniens qui lui ressemblent le plus aujourd’hui. Avant que les Juifs ne soient installés en Palestine, les Arabes qui étaient sur la terre de Palestine n’avaient pas conscience d’être des Palestiniens. Ils travaillaient leur terre et avaient le sentiment d’appartenir au monde. » C’est quand on les a chassés que tout a changé.

Aujourd’hui la Palestine et Israël sont sans aucun doute les pays les plus démocratiques  de cette région du monde  a dit encore Georges Federmann.

 

« C’est quand on s’imagine qu’on est chez soi quelque part qu’on commence à être con. »

 

« Israël risque de bientôt connaître sa fin. 40 députés d’extrême droite seront au pouvoir. 15 aujourd’hui. Quand Israël sera à genoux, les Palestiniens lui tendront la main.

Israël joue sur le double langage et des Juifs de la diaspora relaient ce langage.

A Strasbourg il y a  15000 Juifs recensés et 3000 d’entre eux seulement représentent la position dominante et ces 3000 parlent pour les 12000 qui ne demandent rien. Sur le fronton de la synagogue, rue de la Paix flottent côte à côte un drapeau pour la libération d’Ingrid Betencourt et un autre pour libérer le soldat Shalit. C’est une provocation constante. Israël est une des armées les plus sophistiquée du monde et n’accepte pas d’avoir un prisonnier de guerre puisque le soldat Shalit serait « otage ».

 

La réalité est que les Juifs qui s’identifient aux Israéliens et qui les soutiennent, ce sont les Juifs nantis et les Juifs qui soutiennent les Palestiniens sont ceux qui ne le sont pas. Parce que lorsqu’on se sent fort, on s’identifie à celui qui est fort et lorsqu’on ne l’est pas on s’identifie au plus faible. »

 

Le psychiatre pense que ce serait une bonne chose que nous nous convertissions tous à une religion commune, la laïcité et qu’il est temps pour nous d’entreprendre un travail d’identification à l’Etranger, celui que nous croyons différent de nous » et qui pourtant est comme nous, puisque nous sommes tous des étrangers. Si nous étions capables en France, espère Georges Federmann,  d’un tel défi ici, nous pourrions alors espérer que les Palestiniens eux aussi arrivent à s’identifier aux Israéliens et vice-versa. Pour lui, contrairement aux apparences, « au Proche-Orient, ce sont bien les Palestiniens qui sont les plus forts ». Et nous devrons reconnaître l’existence du peuple palestinien et cela passera forcément par un dialogue avec le Hamas. Alors « ne nous offusquons pas lorsque nous entendons des paroles en arabe dans les manifestations qui sont organisés en France, ce sont les même mots qui étaient scandés par les manifestants en Argentine après le putsch du 11 septembre 1973 et que nous reprenions en chœur ici. »

 

Dans sa conclusion au débat qui a suivi la conférence, Bernard Rodenstein a dit que les cultures juive, musulmane et chrétiennes doivent être préservées parce qu’elles sont riches, que notre rôle est d’être des artisans de paix universelle et que nous devons avant tout nous faire confiance les uns aux autres.

 

Propos recueillis par Gabrielle Teissier K. pour la Revue Espoir



[1] G. Y. Federmann est né au Maroc où il a vécu, petit.


Par CLEFS Municipales 2008 - Publié dans : politique nationale
Samedi 21 février 2009 6 21 /02 /2009 09:22

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Commentaires

Rectification

Un mot a sauté dans mon commentaire

je voulais dire " avant de me situer dans le camp des bons ...
Commentaire n°1 posté par Franz le 10/03/2009 à 19h01
Cela  serait d'une grande aide d'avoir sous les yeux " la substantificque moëlle " de la conférence de Georges Federmann, applicable à toutes les situations.

J' appris que compte-rendu détaillé serait publié dans la revue trimestrielle d'"Espoir", à paraître en avril.

Je tente de résumer maladroitement: " avant de me situer  dans le camp des et d'agonir les méchants, en quoi est-ce que je ressemble moi-même à ces derniers ? "

Peut-être quelqu'un a-t-il un correctif ? 
Commentaire n°2 posté par Franz le 10/03/2009 à 09h17
J'attends avec beaucoup d'intérêt votre commentaire plus détaillé sur la conférence de Georges Federmann.
Commentaire n°3 posté par Franz le 23/02/2009 à 16h14
Je voudrais savoir qui a écrit le commentaire N°1, j'ai l'impression de l'avoir lu dans la presse.
Commentaire n°4 posté par LN le 23/02/2009 à 16h13
URGENCE D'UN NEW DEAL

"Les drames qui se sont abattus sur Gaza ne peuvent être considérés comme un simple épisode d’une guerre sans fin, annonçant fatalement la dévastation suivante. L’exigence d’en poursuivre les responsables est nécessaire, de même que l’action diplomatique pour mettre un terme aux « tas de gravats et de cadavres » qui s’y sont accumulés. Mais une priorité s’impose : le retour au politique, par la négociation entre partenaires antagoniques.

Car il n’existe aucune solution militaire à ces affrontements où le voisin est montré du doigt comme agresseur permanent d’un État qui serait ainsi acculé à la « légitime défense », quand c’est la logique coloniale agressive, de dépossession, d’exil, de ghettoïsation et de répression brutale, qui en rend compte. En aucun cas, l’escalade de la violence n’assurera la sécurité et le droit à la vie ni des Israéliens ni des Palestiniens, voués à cohabiter, à vivre ensemble ; tout au contraire, elle ne cessera d’approfondir entre eux le fossé, plus dangereusement encore.
Un compromis pour la paix – inéluctable – est possible, maintenant : l’essentiel des litiges a été examiné lors des négociations avortées de Taba (2000-2001), puis conforté par la logique de l’Initiative arabe de paix (Beyrouth, 2002), alors même que l’OLP avait déjà reconnu l’État d’Israël (congrès d’Alger, octobre 1988). Sans parler des « accords de Genève » (décembre 2003), qui ont constitué, dans le sillage de Taba, une étape et des travaux pratiques virtuels d’une négociation – hélas, sans lendemain –, ni des multiples résolutions de l’ONU, restées lettres mortes à ce jour.

Les désastres de Gaza ne rendent que plus impérieuse la relance d’un plan de paix, par une négociation obligée entre toutes les parties concernées : l’État d’Israël, l’Autorité palestinienne et, bien sûr, le Hamas – vainqueur incontesté, faut-il le rappeler, des élections palestiniennes de janvier 2006 –, qu’il n’est ni possible ni réaliste d’exclure. Seule une négociation directe, sans préalables ni tabous, peut être à même d’en décider, en vue d’un accord clair d’indépendance des Palestiniens, sous quelque forme que ce soit.

Cela implique le démantèlement des colonies, la suppression des postes de contrôle de l’armée israélienne dans les territoires occupés depuis 1967, la démolition du mur dit « de sûreté » – édifié le plus souvent sur le territoire palestinien –, une négociation sur le partage de Jérusalem. Et, enfin, la reconnaissance de l’iniquité dont, depuis 1948, sont victimes les Palestiniens – une reconnaissance qui est au fondement de l’exigence du « droit au retour », même si les modalités de son application restent à négocier entre les interlocuteurs.
En raison de l’état de tension, des blocages et de l’impasse d’aujourd’hui, il faut d’urgence que les décideurs de la politique internationale interviennent pour rompre avec l’engrenage actuel. En effet, plus le différend s’alourdira, plus les Palestiniens seront désespérés, et plus les chances des Israéliens à continuer à vivre sur cette terre se délabreront. Un new deal est nécessaire, qui garantisse à tous la sécurité.

L’Europe doit se mobiliser pour cette nouvelle donne, mais ce sont les Etats-Unis qui détiennent, présentement, les clés de la solution : ce sont eux qui, durant les huit années de l’administration Bush, ont en permanence, et de manière exacerbée, avalisé les assauts militaires israéliens et permis qu’ils soient lancés dans l’impunité, laissant la situation se gangrener dans le chaos mortifère.

C’est, en premier lieu, à l’administration américaine – au nouveau président Barack Obama – qu’il incombe, au nom du droit, de faire pression sur les protagonistes, et de se poser en médiatrice impartiale dans un processus négocié entre Israël et Palestine : ses premiers pas semblent indiquer un frémissement de raison. Nous l’adjurons solennellement de changer radicalement la ligne politique et diplomatique désastreuse de l’ancien cours, de tout faire pour encourager et favoriser un retour au dialogue direct, sur des bases réalistes.
Le nouveau cours américain se doit de correspondre au rendez-vous des peuples de cette région du monde avec les libertés et la démocratie, pour que chacun d’eux réinvente sa propre nation, après tant de guerres et de rêves insensés. Un new deal résolu peut être un levier décisif de ces espoirs."


Lu ici:
http://www.islam-pluriel.net/2009/02/israel-palestine-l%E2%80%99urgence-d%E2%80%99un-new-deal/
Commentaire n°5 posté par muller le 22/02/2009 à 17h08
 

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