Un pays, un continent, un monde qui acceptent que les inégalités se creusent, que des millions, des centaines de millions de frères et de sœurs en humanité soient laissés au bord du chemin, ne peuvent pas s’imaginer pouvoir vivre en paix, comme si de rien n’était ! Réduits à l’inactivité, à tendre la main pour faire l’aumône, à être regardés comme des bouches inutiles, à se sentir méprisés, ces hommes et ces femmes ne peuvent pas ne pas manifester, ici ou là, leur dépit et leur ressentiment. Encore heureux qu’ils soient nombreux à l’exprimer dans l’isoloir.
Ils ont raison, encore et surtout, de ne pas se laisser désigner comme les responsables de la crise et de tous les malheurs de l’humanité. D’autres qui surfent sur les bénéfices mirobolants du grand capital, au prix de vies sacrifiées, ont bien plus de responsabilités, mais nul ne les incrimine.
Oui, il est logique que des contestations violentes voient le jour et que des messages irritants soient envoyés aux pouvoirs politiques qui cautionnent les injustices générées par la grande finance mondialisée.
Mais il ne faut pas que les révoltés ne s’en prennent qu’aux pouvoirs qui les asservissent et leur pourrissent la vie. Il faut aussi que les écailles tombent des yeux de celles et de ceux qui, massivement, se laissent escroquer par les puissants.
Sans que les petites gens ne retrouvent les valeurs essentielles de la vie humaine, celle de la solidarité, celle de la simplicité et de la responsabilité, celle des gestes fraternels, des trésors du partage et de la confiance, les prédateurs poursuivront leur carnage, en vendant tout ce que les illusions du bien vivre nous font consommer, les yeux fermés.
Les victimes qui se soumettent sans protester sont les meilleurs complices de leurs exploitants. Il faut retrouver le goût de la « spiritualité », du sens des choses, des fondamentaux de notre existence. Pour mieux résister aux mensonges qui nous éblouissent. Il faut réfléchir et débattre à tous les niveaux. Pour vivre debout. Pour ne pas être à la solde des menteurs professionnels.
Il y a eu, dans le passé, des écoles qui formaient les citoyens, les partis politiques, les syndicats, les mouvements de jeunes et d’adultes. Plus personne n’y trouve plus son compte, parce que la télévision et les réseaux du net ont pris brutalement le relai. Les informations y sont balancées à jet continu. Inutile de réfléchir. C’est de la bouillie prête à la consommation. On croit tout savoir. On ne sait que ce que les propriétaires de ces médias veulent que nous sachions.
Rien, en matière de sens civique, ne peut nous être plus utile que la réflexion critique, les échanges et les débats. Il faut secouer nos habitudes et nous mettre à penser autrement. Un vrai travail ! Fastidieux mais salutaire !
Bernard RODENSTEIN
25 avril 2012
L'association CLEFS
(Colmar, liberté d'entreprendre, forces de la solidarité) a vu le jour 2 ans avant les municipales 2008 à Colmar. Un groupe de citoyens issus de différentes familles politiques, syndicales, associatives, a décidé de s'engager politiquement sur les bases d'un
projet urbain devant être élaboré avec les habitants eux-mêmes, grâce à la création de véritables conseils de quartiers et de structures de concertation. "Nouveaux venus et bousculant le jeu traditionnel des partis, nous avons réalisé le score honorable de 6,1%, presque autant que les Verts et le PS". Forts de cette légitimité, les membres de CLEFS restent actifs pour Colmar. L'implication de tous les citoyens dans les affaires qui les concernent est loin d'être gagnée. Par
ce blog, Clefs entend y contribuer avec vous qui nous y rejoignez.
«Qu'est-ce que le pouvoir ? C'est la réponse à la volonté de chaque individu d'être
premier, irremplaçable et constamment prioritaire.»
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